samedi, 18 mars 2006
Les effets macroéconomiques à attendre de l'Union Européenne
Le 26 mars sur ce blog la deuxième partie de notre étude sur "les effets macroéconomques à attendre de l'Union Européenne" : Les effets externes de la construction du grand marché européen (deuxième cercle vertueux)
06:10 Écrit par Alain DUCHESNE dans Economie Européenne | Lien permanent | Commentaires (0)
Les effets macroéconomiques à attendre de l'Union Européenne (Partie I)
C’est pour préserver la paix entre les peuples européens que Robert Schuman, Ministre français des Affaires étrangères, le 9 mai 1950, reprend l’idée de Jean Monnet de mettre en commun avec l’Allemagne et les pays qui le souhaitent la production et la commercialisation de produits aussi stratégiques que sont le charbon et l’acier. Dans le cadre d’une organisation européenne, il s’agissait de créée une Maison Europe où les peuples fraterniseraient. Ils furent de véritables visionnaires.
Aujourd’hui, la construction européenne s’inscrit dans une dimension plus économique, plus précisément dans un processus d’intégration économique. Dans le monde de nombreux pays se sont constitués en zone d’intégration économique, (ALENA, MERCOSUR, ALADI, UDEAC, CEAO, ASEAN…)
Le phénomène de régionalisation qui ne cesse de s’amplifier s’explique par les échecs répétés de l’OMC à mettre en place un libre échange loyal. Les pays qui s’intègrent cherchent aussi à bénéficier des effets positifs d’un libre échange raisonné à un niveau régional. On note à cet égard, plusieurs niveaux d’intégration. A la suite des travaux de Bela Balassa, dans les années soixante, les économistes retiennent généralement cinq étapes d’intégration : la Zone de Libre Echange où seules les marchandises et les services circulent librement entre les membres de ladite zone ; l’Union Douanière qui reprend la zone de Libre Echange à laquelle on ajoute des tarifs extérieurs communs ; le Marché Commun, qui adjoint à l’Union Douanière la libre circulation des hommes et du capital, puis vient l’Union Politique et Economique (UEP) qui reprend le Marché Commun avec une harmonisation des politiques fiscales et des politiques économiques concertées. L’ultime étape est celle de l’Union Economique Politique et Monétaire, on ajoute à l’UEP des taux de change fixes, voire une monnaie commune (Ce qui est le cas, actuellement, pour 12 pays de l’UE-25).
Les effets internes de la construction d’un grand marché européen (premier cercle vertueux)Les fondements de l’intégration économique sont à rechercher chez les économistes libéraux qui, les premiers, ont développé des démonstrations formalisées sur les conditions dans lesquelles le recours au commerce international est positif. Ce fut le cas de David Ricardo en 1817, dont on retrouve encore les traces dans les calculs des Avantages Comparatifs Révélés du CEPI (voir lien).
L’ablation des restrictions aux échanges entre certains pays exacerbe la concurrence intra zone. L’objectif poursuivi est une meilleure utilisation des facteurs de production (ressources naturelles, capital et surtout main d’œuvre). Dans un contexte concurrentiel les entreprises non performantes disparaîtront alors que les plus compétitives gagneront des parts de marché et se développeront. Ces entreprises pour répondre à la demande investiront ce qui procurera de nouveaux débouchés à tous les secteurs d’activité. Le grand marché européen permettra aux entreprises d’atteindre une taille suffisante pour exploiter les économies d’échelle et de dimension gages de baisse des coûts unitaires de production. Ce sont alors des baisses de prix qui sont attendues. Les études inductives sur la corrélation coût unitaire – prix démontrent que la baisse des prix est généralement plus faible que la baisse des coûts unitaires. Dès lors les entreprises enregistrent des marges plus importantes et dégagent de l’autofinancement, ce qui renforcera la décision d’investir (comportement connu des économistes sous le nom de théorie du mark-up). Au total, la baisse des prix accélère la consommation, la hausse des investissements entraîne une demande supplémentaire de biens de production, ce sont les débouchés des entreprises qui augmentent, la production s’élève. On entre alors dans un cercle vertueux de croissance sans inflation qui s’entretien, autrement dénommé croissance durable.
Résumé schématique :
06:05 Écrit par Alain DUCHESNE dans Economie Européenne | Lien permanent | Commentaires (4)
mercredi, 15 mars 2006
Les effets macroéconomiques à attendre de l'Union Européenne
Le 19 mars nous ouvrions un nouveau cycle d'études consacrées aux effets macroéconomiques à attendre de la construction de l'Union Européenne.
Du 19 février au 14 mars notre analyse sur "l'endettement de la France" a généré plus de 6000 visites.
17:30 Écrit par Alain DUCHESNE dans Economie Européenne | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 13 mars 2006
Analyse de l'endettement de la France (Partie VI)
Comment réduire l’endettement de la France sans affecter négativement sa croissance ? (dernier volet)
Dernières recommandations en guise de conclusion
Il faut créer davantage de croissance en utilisant de manière optimale nos dépenses. Les dépenses réalisées par le gouvernement doivent être motrices pour l’ensemble de l’économie française. Pour déterminer cet effet d’entraînement sur l’économie, l’INSEE (voir lien) construit chaque année un Tableau Entrée Sortie (dit tableau de Leontieff du nom de l’économiste prix Nobel). Ce tableau montre les interdépendances entre les entreprises. L’Etat en orientant ses dépenses vers les branches motrices de l’économie française générera davantage de croissance. C’est cette croissance économique qui, en retour, générera aussi de nouveaux emplois pour les jeunes (voir ma note sur ce blog concernant le CPE). Cette hausse d’activité sera source de recette fiscale qui devra être utilisée à la baisse de notre endettement. Dans de telles conditions, le ratio d’endettement diminuera de fait par la hausse de la croissance économique. Il faut redéployer nos dépenses vers les secteurs moteurs du reste de notre économie. C’est une proposition forte que vous retrouverez également dans ma contribution au développement économique de la région Nord-pas-de-Calais. (voir site du Conseil Régional NPDC)
Il faut que l’on soit capable lorsque nous faisons des dépenses nouvelles de réduire d’autres dépenses. C’est là une règle essentielle si nous voulons résolument diminuer notre endettement.
Il faut que l’Etat favorise le développement des entreprises compétitives. Pendant les années 80 le gouvernement a subventionné l’industrie sidérurgique à fonds perdus. Il était impossible de lutter contre les nations émergentes (Les Nouveaux Pays industrialisés : NPI). En 1986, on décide de réduire ces aides et de favoriser le développement de l’informatique française. Mais il était trop tard, d’autres nations avaient déjà investi dans ce secteur et étaient extrêmement compétitives. L’argent dépensé pour relancer cette activité sera lui aussi perdu. Où en est la France en matière d’informatique ? Totalement dépendante des autres nations ! Où en est l’industrie sidérurgique ? Démantelée !
Nous l’avons démontré la situation actuelle est le résultat du laxisme et des choix économiques qui ont été faits par les gouvernements depuis 25 ans. Ces dernières années ce sont surtout les politiques fiscales (de la gauche puis de la droite) inadaptées à la conjoncture qui ont creusé notre endettement. Les choix, plus que contestables, des politiques industrielles des années 80 ont entraîné des dépenses sans croissance et ont obéré notre compétitivité.
Nous sommes les héritiers de ces successions de choix fallacieux. Il est plus que temps que les gouvernements prennent conscience du danger de la dette. Il faut revenir à une utilisation contracyclique des finances publiques. Il faut savoir assainir les finances publiques en période de haute conjoncture. C’est cette manne financière qui nous permettra de mener des politiques de relance lorsque la conjoncture se retournera. Les finances publiques doivent être utilisées comme modérateur de crise ce n’est pas un puit sans fond, l’ignorer fait peser des risques économiques et donc sociaux importants sur notre pays.
Il ne faudra pas manquer de poser la question de la réduction de la dette aux candidats qui se présenteront aux élections Présidentielles. Comment compteront-ils réduire la dette de l’Etat sans réduire la croissance économique ?
06:00 Écrit par Alain DUCHESNE dans Economie | Lien permanent | Commentaires (4)




